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quatre ans de divorce houleux avec l’UE

Depuis le 23 juin 2016 et la décision des électeurs britanniques de quitter l’Union européenne, le Royaume-Uni peinait à accoucher d’un accord de retrait. Après moultes rebondissements, des discussions ont finalement permis d’éviter le “no deal” le 24 décembre 2020. France 24 revient sur cette interminable procédure de divorce.

Cette fois, c’est fini. Le Royaume-Uni sort de l’Union européenne le 31 décembre à minuit. Une rupture historique scellée par l’adoption d’un texte de 1 246 pages par la Chambre des Communes, mercredi 30 décembre, par 521 voix pour et 73 contre.

Après 47 ans d’intégration européenne et quatre ans et demi de déchirements suivant le référendum du Brexit, le Royaume-Uni, sorti formellement de l’UE le 31 janvier 2020, cessera alors d’appliquer les règles européennes. Il quitte le marché unique européen, l’union douanière et le programme d’échanges d’étudiants Erasmus.

Retour chronologique sur ce divorce plus que houleux. 

Après 43 ans d’appartenance à la communauté européenne, les électeurs britanniques se prononcent par référendum à près de 52 % pour une sortie du Royaume-Uni de l’Union européenne. David Cameron, le Premier ministre conservateur qui a organisé cette consultation et fait campagne pour le maintien dans l’UE, annonce sa démission. Le 13 juillet, il cède sa place à sa ministre de l’Intérieur, Theresa May.

BREXIT – Le Royaume-Uni sort de l’Union Européenne : Retour sur une nuit complètement folle


Devant des diplomates étrangers et les négociateurs britanniques du Brexit réunis à Lancaster House, là même où Margaret Thatcher avait annoncé en 1988 le soutien britannique au marché unique, Theresa May annonce que le Royaume-Uni quittera le marché unique européen en même temps que l’Union européenne.

“Pas d’appartenance partielle à l’Union européenne, pas de statut de membre associé de l’UE, rien qui nous laisse à moitié dehors, à moitié dedans. Nous ne cherchons pas à adopter un modèle dont bénéficient déjà d’autres pays”, annonce-t-elle, fixant ses “lignes rouges” et assurant qu’une absence d’accord vaudra mieux qu’un mauvais accord.

Neuf mois après le vote des Britanniques, Theresa May enclenche formellement la procédure de divorce en activant dans une lettre au président du Conseil européen, Donald Tusk, l’article 50 du traité européen de Lisbonne.

Le texte prévoit que “tout État membre peut décider, conformément à ses règles constitutionnelles, de se retirer de l’Union” et fixe un délai de deux ans pour négocier les modalités du divorce. Le Brexit devra donc être négocié et ratifié d’ici au 29 mars 2019 à 23 h GMT.

Donald Tusk répond à Londres en présentant la feuille de route des Européens pour les négociations à venir, avec une première phase portant sur les modalités du divorce puis, dans un deuxième temps seulement, la négociation d’une éventuelle période de transition et des futures relations commerciales entre Londres et les Européens.

Parmi leurs exigences, les Européens réclament le règlement des engagements financiers existants pris par Londres – la facture doit se chiffrer en dizaines de milliards d’euros – et l’octroi d’un permis de résidence aux 3 millions de ressortissants européens vivant au Royaume-Uni. Il s’agit aussi d’éviter le retour d’une frontière “physique” entre la république d’Irlande et l’Irlande du Nord, afin de préserver les accords de paix de 1998.

Les élections législatives anticipées ordonnées par Theresa May pour asseoir son autorité tournent au cauchemar pour la Première ministre : son Parti conservateur perd la majorité absolue à la Chambre des communes, May dépend désormais des dix élus nord-irlandais du Parti unioniste démocratique d’Ulster (DUP). Sa position est fragilisée avant même le lancement officiel de négociations avec Bruxelles.

Dans un discours prononcé à Florence, Theresa May tente de relancer des négociations qui piétinent en se prononçant pour une période de transition de deux ans environ après le Brexit pendant laquelle le Royaume-Uni se maintiendrait dans le marché unique.

“Fumée blanche” à Bruxelles où le Royaume-Uni et l’Union européenne annoncent à l’aube un accord de principe sur les modalités de leur divorce, ce qui va leur permettre de passer à la seconde phase des négociations.

Réunie en sommet à Bruxelles, l’Union européenne valide l’ouverture de la deuxième phase des négociations sur la sortie du Royaume-Uni tout en mettant en garde contre la difficulté des discussions à venir.

Theresa May, sur la question irlandaise, donne son accord de principe à une solution dite de “backstop”, une clause de sauvegarde qui s’appliquerait en dernier recours – si Londres et Bruxelles ne parviennent pas à s’entendre sur une meilleure

solution – pour éviter le retour de contrôles douaniers entre l’Irlande et l’Irlande du Nord en maintenant la province britannique au sein de l’union douanière et du marché unique.

Un accord est trouvé à Bruxelles entre la Grande-Bretagne et l’Union européenne sur la période de transition post-Brexit qui devrait courir de la date effective du Brexit jusqu’au 31 décembre 2020. Des détails restent toutefois à discuter sur le

dossier de la frontière irlandaise, indique le négociateur en chef des Européens, Michel Barnier.

  • Un été 2018 mouvementé

Le 6 juillet, Theresa May réunit son gouvernement en séminaire à Chequers, sa résidence officielle au nord de Londres, pour définir un Livre blanc sur le Brexit.

Le 9 juillet, David Davis, son ministre du Brexit, et Boris Johnson, son ministre des Affaires étrangères, démissionnent coup sur coup pour protester contre ce texte, qui est publié trois jours plus tard.

Le 19 juillet, la Commission européenne publie un document expliquant aux Vingt-Sept la marche à suivre en cas d’absence d’accord avec Londres et leur demandant d’accélérer les préparatifs en vue d’une “sortie sèche”.

“Si l’accord de retrait n’est pas ratifié avant le 30 mars 2019, il n’y aura pas de période de transition et le droit de l’UE cessera de s’appliquer au Royaume-Uni à partir du 30 mars 2019. Il s’agit là du scénario du ‘no deal’ ou de la ‘rupture brutale'”, prévient la Commission.

Des centaines de milliers de partisans du maintien du Royaume-Uni au sein de l’UE défilent dans les rues de Londres pour réclamer un second référendum sur le Brexit. Les organisateurs chiffrent à 700 000 le nombre de manifestants, du jamais-vu en Grande-Bretagne depuis une manifestation contre la guerre en Irak en 2003.

Au Royaume-Uni, une campagne pour dire “Merde au Brexit”

quatre ans de divorce houleux avec l’UE

À la suite de fuites dans les médias irlandais et britanniques, Londres confirme que les négociateurs de l’Union européenne et de la Grande-Bretagne ont fini par s’entendre sur un projet technique d’accord de retrait.

Mécontents des termes de l’accord négocié par Theresa May, plusieurs de ses ministres démissionnent, y compris son ministre du Brexit, Dominic Raab.

Les dirigeants des Vingt-Sept, réunis en sommet extraordinaire à Bruxelles, valident l’accord.

Craignant de ne pas avoir de majorité pour faire adopter le projet d’accord négocié avec Bruxelles, Theresa May reporte le vote prévu le lendemain aux Communes et annonce qu’elle va se rendre à Bruxelles pour y obtenir des assurances, notamment sur la question de la clause de sauvegarde sur l’Irlande.

Par 200 voix contre 117, Theresa May survit à un vote de défiance déclenché par ses rivaux au sein du Parti conservateur.

L’accord de retrait est massivement rejeté une première fois à Chambre des Communes par 432 voix contre 202.

À seulement 17 jours de la date prévue du Brexit, les députés britanniques de la Chambre des communes rejettent une deuxième fois l’accord de retrait, par 391 voix contre 242.

Les députés britanniques approuvent un texte appelant le gouvernement à exclure la piste d’un Brexit sans accord. Theresa May les prévient qu’elle ne pourra obtenir de report du Brexit s’ils n’acceptent pas l’accord de retrait d’ici au 20 mars.

Réunis à Bruxelles, les 27 chefs d’État et de gouvernement hors Royaume-Uni reportent la date du Brexit du 29 mars au 22 mai – si la Chambre des communes ratifie l’accord de retrait la semaine suivante – ou au 12 avril dans le cas

contraire.

Plusieurs centaines de milliers de personnes hostiles au retrait du Royaume-Uni de l’Union européenne manifestent de nouveau dans le centre de Londres pour réclamer la tenue d’un deuxième référendum pour ou contre le Brexit. Les organisateurs de la marche évaluent leur nombre à plus d’un million.

Plus de cinq millions de Britanniques signent parallèlement une pétition réclamant la révocation de l’article 50 et l’arrêt de la procédure de divorce.

Pour la troisième fois, les députés de la Chambre des communes rejettent l’accord de sortie du Royaume-Uni de l’Union européenne par 344 voix contre 286, le jour même de la date initialement prévue pour le Brexit.

Theresa May, à l’issue d’un conclave avec ses ministres qui a duré sept heures au 10 Downing Street, annonce lors d’une allocution télévisée qu’elle entend demander un nouveau report, le plus bref possible, de la date du Brexit.

Dans le même temps, elle tend la main au chef de l’opposition travailliste, Jeremy Corbyn, afin de sortir de l’impasse parlementaire en cours et de trouver un terrain d’entente avec lui de manière à pouvoir proposer la semaine suivante à l’Union européenne une formule acceptable, cela dans l’optique de permettre un Brexit ordonné. Les discussions n’aboutiront pas. L’échec sera acté à la mi-mai.

Les chefs d’État et de gouvernement européens reportent la date du Brexit au 31 octobre.

Plus de trois ans après le référendum, les Britanniques se rendent aux urnes pour des élections européennes auxquelles ils ne pensaient pas devoir participer. Le Parti du Brexit de Nigel Farage lamine ses adversaires avec 31,6 % des voix devant les Libéraux-démocrates proeuropéens (18,6 %), les travaillistes (14,1 %), les Verts (11,1 %) et les conservateurs, relégués à une humiliante cinquième place avec 8,7 % des suffrages.

Dans la semaine précédant le scrutin, Theresa May avait abattu sa dernière carte en proposant des liens commerciaux plus étroits avec l’UE sans exclure la tenue d’un second référendum. Mais son offre a cimenté un front du refus allant des éléments les plus pro-Brexit de son parti jusqu’à l’opposition travailliste.

Les larmes au bord des yeux, Theresa May annonce sa démission. Elle précise qu’elle quittera ses fonctions de cheffe du Parti conservateur le 7 juin. Débutera ensuite le processus de désignation de son successeur qui prendra également la tête du gouvernement.

Démission de Theresa May : “C’est un profond regret de ne pas avoir été en mesure d’accomplir le Brexit”

quatre ans de divorce houleux avec l’UE

Confortablement élu la veille à la tête du Parti conservateur, Boris Johnson succède à Theresa May à la tête du gouvernement. Il promet que le Royaume-Uni quittera “coûte que coûte” l’UE à la date du 31 octobre, avec ou sans accord.

“Les gens qui ont parié contre la Grande-Bretagne en seront pour leurs frais parce que nous allons rétablir la confiance dans notre démocratie, tenir les promesses répétées du Parlement au peuple et sortir de l’UE le 31 octobre, point à la ligne”,

annonce l’ancien maire de Londres dans sa première allocution devant le 10 Downing Street.

Il précise par la suite qu’il ne saurait y avoir d’accord si le “backstop” nord-irlandais est maintenu. Mais Bruxelles maintient que l’accord de retrait n’est pas renégociable.

Boris Johnson provoque un tollé en demandant la suspension des travaux du Parlement de Westminster à partir d’une date comprise entre le 9 et le 12 septembre et jusqu’au 14 octobre, soit deux semaines seulement avant la date prévue du Brexit.

Rentrée parlementaire à la Chambre des communes, où Boris Johnson est mis en minorité : 21 députés conservateurs mêlent leur voix à celles de l’opposition pour écarter le risque d’un Brexit sans accord le 31 octobre. Leur initiative est approuvée par 328 voix contre 301.

Les Communes se prononcent en faveur d’un texte enjoignant Boris Johnson à solliciter un report du Brexit auprès des autorités européennes. Elles rejettent dans la foulée une motion qu’il avait déposée afin d’organiser le 15 octobre des élections législatives anticipées.

Nouveau revers parlementaire pour Boris Johnson aux Communes : les députés britanniques rejettent une nouvelle fois une motion déposée par le gouvernement visant à organiser des élections législatives anticipées le 15 octobre. Les travaux parlementaires sont suspendus jusqu’au 14 octobre.

Boris Johnson et le président de la Commission européenne Jean-Claude Juncker annoncent avoir trouvé un nouvel accord. Mais les députés britanniques repoussent leur vote sur le texte organisant la sortie de l’UE, contraignant le chef du gouvernement à demander à Bruxelles un nouveau report du Brexit, fixé cette fois au 31 janvier 2020. Des législatives anticipées sont convoquées le 12 décembre.

À l’issue du scrutin, Boris Johnson obtient une large majorité parlementaire (365 députés sur 650) lui permettant de faire adopter le 9 janvier l’accord de divorce négocié avec Bruxelles.                

Le Brexit entre en vigueur à 23 h (heure de Londres et GMT). Une période de transition est prévue jusqu’au 31 décembre 2020, avec possibilité de prolongation, censée permettre à Londres et à Bruxelles de définir d’ici là leur nouvelle relation, notamment sur le plan commercial. En juin, le Royaume-Uni officialise son refus de prolonger au-delà de la fin de l’année la période de transition.

Après avoir prolongé à plusieurs reprises les négociations, le Premier ministre Boris Johnson et la présidente de la Commission européenne Ursula von der Leyen ont annoncé un compromis, à seulement une semaine de la fin de la période de transition.                

À la veille de la rupture, le Royaume-Uni et l’UE ont ratifié l’accord. Lors d’une brève cérémonie à Bruxelles, la présidente de la Commission européenne Ursula von der Leyen et son homologue du Conseil (institution représentant les États membres) Charles Michel, tout sourire, ont signé ces documents, contenus dans des classeurs bleus, acheminés à Londres par avion de la Royal Air Force. Dans l’après-midi, les députés britanniques ont ratifié l’accord par 521 voix contre 73. 

À minuit, le Royaume-Uni sort officiellement du marché unique européen.

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Ce que contient l’accord post-Brexit entre l’UE et le Royaume-Uni. © france 24

                  

Avec AFP et Reuters